La régulation du chauffage : la bonne température, au bon moment
Thermostat d’ambiance, sonde extérieure, robinets thermostatiques, programmation : la régulation adapte en permanence le chauffage aux besoins de chaque pièce, en tenant compte du soleil, de la cuisson ou des occupants. Selon l’ADEME, elle peut réduire la consommation de chauffage jusqu’à 15 %. Elle deviendra obligatoire pièce par pièce dans tous les logements en 2030.
- Régulation pièce par pièce
- Programmation
- Économies estimées
1À quoi sert la régulation ?
La régulation maintient la température d’une pièce ou du logement à une valeur choisie, la consigne. Elle mesure la température, la compare à la consigne et agit sur le chauffage : elle allume ou module la chaudière ou la pompe à chaleur, règle la température de l’eau, ferme un radiateur. La programmation la complète en faisant varier la consigne selon l’heure et le jour.
Un confort stable
Une chaleur constante, sans à-coups ni surchauffe, dans la plage étroite où l’on n’a ni chaud ni froid.
Les apports gratuits
Le soleil, la cuisson, les appareils et les occupants chauffent aussi : la régulation en tient compte au lieu de les ignorer.
Moins de gaspillage
Jusqu’à 15 % d’économie de chauffage selon l’ADEME, et autant d’émissions en moins.
2La bonne température
Le code de l’énergie fixe à 19 °C en moyenne la température de chauffage des logements occupés. Dans les chambres, 16 à 17 °C suffisent la nuit ; pendant une absence de la journée, la température peut être abaissée de quelques degrés ; pour une absence de plusieurs jours, le mode hors-gel, autour de 8 °C, protège le logement.
Chaque degré en moins représente environ 7 % de consommation de chauffage en moins : passer de 20 à 19 °C est l’économie la plus simple qui soit.

| Mode | Température conseillée | Quand ? |
|---|---|---|
| Confort | 19 °C | Pièces à vivre occupées |
| Réduit | 16 à 17 °C | La nuit, les absences de la journée |
| Hors-gel | 8 °C environ | Absences de plusieurs jours |
| Arrêt | — | Hors saison de chauffe |
3La régulation en chauffage central
Dans une installation à eau chaude, la régulation peut agir à trois niveaux : sur la production de chaleur, la chaudière ou la pompe à chaleur ; sur la distribution, la température de l’eau envoyée dans chaque circuit ; sur l’émission, radiateur par radiateur. Les meilleures installations combinent les trois.
Le thermostat d’ambiance
Il mesure la température d’une pièce de référence, en général le séjour, et commande le générateur. Placez-le à environ 1,50 m du sol, sur un mur intérieur, loin d’un radiateur, d’une cheminée, d’un téléviseur, du soleil direct et des courants d’air. Un thermostat modulant, qui dialogue avec la chaudière, ajuste sa puissance au lieu de la couper et relancer : la chaudière condense mieux.

La sonde extérieure
Elle mesure la température dehors et la régulation calcule la température d’eau nécessaire selon une loi d’eau : le chauffage anticipe les variations de la météo avant que la maison ne se refroidisse. Indispensable avec un plancher chauffant ou une pompe à chaleur, idéale dans une maison à étage ; une correction d’ambiance affine le réglage.


Par circuit
Une vanne mélangeuse motorisée par un servomoteur règle la température de chaque circuit, par exemple un plancher chauffant et des radiateurs ; des vannes de zone séparent l’étage des pièces de jour.
Par radiateur
Les robinets thermostatiques règlent chaque pièce selon son usage et ses apports gratuits. Des têtes électroniques ou connectées ajoutent la programmation pièce par pièce.
Avec une pompe à chaleur
La loi d’eau est la base de sa régulation. Préférez des abaissements modérés, de 1 à 2 °C : une relance trop brutale ferait intervenir la résistance d’appoint.

4La régulation en chauffage électrique
Chaque radiateur électrique récent intègre un thermostat électronique : la régulation se fait naturellement pièce par pièce. Pour un plancher ou un plafond rayonnant, un thermostat d’ambiance commande l’ensemble ; pour les planchers à accumulation, une régulation selon la température extérieure est préférable.
Le fil pilote
Un fil supplémentaire transmet aux radiateurs des ordres venus d’un programmateur : confort, confort −1 ou −2 °C, éco, hors-gel, arrêt. Plusieurs zones peuvent recevoir des programmes différents.
Le gestionnaire d’énergie
Il centralise la programmation, suit les périodes tarifaires et pratique le délestage : il coupe brièvement certains radiateurs quand la puissance appelée approche celle de l’abonnement.
Les fonctions intelligentes
Détection de fenêtre ouverte, détection de présence, apprentissage des habitudes : les radiateurs récents baissent seuls la température quand elle est inutile.
La salle de bains gagne à rester indépendante de la programmation générale, avec un sèche-serviettes ou un soufflant à relance rapide. Voir aussi le chauffage électrique.
5La programmation
Elle fait varier la consigne selon l’heure et le jour : confort quand la famille est présente et éveillée, réduit la nuit et pendant les absences, confort toute la journée le week-end. Un programme établi une fois pour toutes se modifie d’un geste pour les vacances ou une présence imprévue.


Le thermostat programmable se raccorde au générateur par un fil ou par radio, pratique en rénovation. Avec une régulation sur sonde extérieure, la programmation est souvent intégrée au régulateur de la chaudière ou de la pompe à chaleur.
6Thermostats connectés et pilotage à distance
Le thermostat connecté se commande depuis un smartphone : on relance le chauffage avant de rentrer, on passe en hors-gel en partant en vacances, on suit sa consommation. Certains modèles détectent l’absence grâce à la géolocalisation, apprennent les habitudes ou tiennent compte de la météo.
- Vérifiez la compatibilité avec votre générateur : contact marche-arrêt, protocole de modulation, fil pilote pour l’électrique.
- Préférez la régulation pièce par pièce : têtes thermostatiques connectées sur les radiateurs, ou programmateur multizone.
- La connexion n’est pas obligatoire : un bon thermostat programmable, bien réglé, apporte l’essentiel des économies.
- Pensez aux données : lisez la politique de confidentialité et gardez la possibilité d’un pilotage local si internet est coupé.
7Combien peut-on économiser ?
Économies de consigne et de programmation
D’après la règle d’environ 7 % d’économie par degré de moins.
1. Aujourd’hui
2. Avec la régulation
Ordre de grandeur : les abaissements rapportent un peu moins que leur valeur théorique, car la maison ne refroidit pas instantanément et doit être réchauffée ; on en retient 70 %. Le gain est plus faible dans un logement très isolé ou à forte inertie, comme avec un plancher chauffant.
8Obligations et aides en 2026
régulation par pièce ou par zone obligatoire, reportée de 2027.
déjà couvert dans la plupart des cas par la RE 2020.
une régulation doit accompagner la pose d’une chaudière ou d’une pompe à chaleur.
- Ce qu’exige la réglementation : une régulation automatique par pièce ou par zone, à pas de temps horaire, avec au moins quatre modes, confort, réduit, hors-gel et arrêt. La connexion à internet n’est pas imposée.
- Les exceptions : impossibilité technique, ou temps de retour sur investissement supérieur à 10 ans, à justifier.
- Qui paie ? Le propriétaire installe le système ; le locataire en assure l’usage et l’entretien courant. Le chauffagiste vérifie sa présence lors de l’entretien.
- Les aides : le Coup de pouce « pilotage connecté » est suspendu depuis fin 2024. Des primes CEE classiques peuvent encore financer une régulation pièce par pièce, pour des montants modestes et des conditions qui évoluent : vérifiez-les avant de signer.
9Questions fréquentes
Vaut-il mieux baisser le chauffage la nuit ou le laisser constant ?
Baisser de 2 à 3 °C la nuit et pendant les absences fait économiser, même en tenant compte de la relance. Avec un plancher chauffant ou une pompe à chaleur, limitez l’abaissement à 1 ou 2 °C.
Thermostat d’ambiance ou sonde extérieure ?
Le thermostat convient à un logement de plain-pied avec radiateurs. La sonde extérieure, avec une loi d’eau, convient aux grandes maisons, aux planchers chauffants et aux pompes à chaleur. Les deux se combinent très bien.
Où placer le thermostat ?
Dans la pièce de vie principale, à 1,50 m du sol, sur un mur intérieur, loin des sources de chaleur, du soleil et des courants d’air.
Mon logement doit-il être équipé tout de suite ?
Pour un logement existant, l’obligation s’applique au 1er janvier 2030. Mais la régulation est souvent rentable dès maintenant, en quelques saisons.
À retenir
- 19 °C dans les pièces à vivre, 16 à 17 °C la nuit : environ 7 % d’économie par degré.
- Thermostat d’ambiance, sonde extérieure et robinets thermostatiques se complètent.
- La programmation abaisse la température la nuit et pendant les absences.
- Régulation par pièce ou par zone obligatoire dans les logements existants au 1er janvier 2030.