Le détecteur de monoxyde de carbone : l’alarme contre un gaz invisible
Inodore, incolore, non irritant : le monoxyde de carbone ne se sent pas. Produit par une combustion incomplète, il tue encore une centaine de personnes par an en France. Un détecteur conforme à la norme EN 50291 donne l’alerte bien avant les premiers symptômes. Il n’est pas obligatoire, mais il est vivement conseillé dans tout logement équipé d’un appareil à combustion.
- Gaz inodore et mortel
- Norme EN 50291
- Entretien annuel des appareils
1Pourquoi le monoxyde de carbone est-il si dangereux ?
Respiré, le monoxyde de carbone se fixe sur l’hémoglobine du sang environ 200 fois plus facilement que l’oxygène : les organes, cerveau et cœur en tête, manquent d’oxygène. Les premiers signes ressemblent à ceux d’une grippe ou d’une indigestion, et l’intoxication peut conduire au coma pendant le sommeil.
la première cause de mortalité par intoxication.
par an, surtout entre octobre et mars.
chaudières et appareils de chauffage mal entretenus ou mal ventilés, le plus souvent.
2D’où vient le monoxyde de carbone ?
Il apparaît dès qu’un combustible brûle avec trop peu d’oxygène, puis s’accumule si les fumées ne s’évacuent pas correctement.
Chaudières et chauffe-eau
Gaz, fioul ou bois, mal réglés, non entretenus, ou avec un conduit obstrué.
Poêles, inserts, cheminées
Tirage insuffisant, conduit bouché, bois humide ou foyer étouffé.
Chauffages d’appoint
Poêles à pétrole ou à gaz utilisés en continu dans une pièce fermée : voir le chauffage d’appoint sans danger.
Usages détournés
Groupe électrogène dans un garage ou une cave, barbecue ou brasero à l’intérieur, moteur tournant dans un local fermé.
3Comment fonctionne un détecteur ?
Un capteur électrochimique mesure en permanence la concentration de monoxyde de carbone dans l’air, en parties par million (ppm). L’alarme ne se déclenche pas au moindre signe, mais selon la concentration et la durée d’exposition, pour prévenir avant que le taux ne devienne dangereux.
| Concentration | Alarme exigée par la norme EN 50291 |
|---|---|
| 50 ppm | Entre 60 et 90 minutes |
| 100 ppm | Entre 10 et 40 minutes |
| 300 ppm | En moins de 3 minutes |
Bien le choisir
Marquage NF EN 50291, pile scellée de longue durée, bouton de test, signal de fin de vie ; un afficheur de la concentration est un plus.
Sa durée de vie
Le capteur s’use : de 7 à 10 ans selon les modèles. La date limite figure sur l’appareil.
Pas un détecteur de fumée
Le détecteur de fumée, obligatoire dans chaque logement depuis 2015, ne détecte pas le monoxyde de carbone : ce sont deux appareils différents, parfois combinés.
4Où l’installer ?
- Dans chaque pièce équipée d’un appareil à combustion, à 1 à 3 mètres de celui-ci, sur un mur plus haut que les portes et fenêtres mais à 15 cm au moins du plafond, ou au plafond à 30 cm au moins des murs.
- Près des chambres, pour être réveillé à temps ; dans une chambre, à hauteur de la tête d’une personne allongée ou comme indiqué par le fabricant.
- Pas juste au-dessus d’une cuisinière ou d’un évier, ni près d’une fenêtre, d’une hotte ou d’une bouche d’aération, ni dans une salle de bains humide.
- Tester chaque mois avec le bouton prévu, et remplacer l’appareil à la date indiquée.
5Que faire si l’alarme sonne ?
- Aérer immédiatement : ouvrir portes et fenêtres en grand.
- Arrêter les appareils à combustion si c’est possible sans danger : chaudière, poêle, chauffage d’appoint.
- Sortir du logement avec toutes les personnes et les animaux.
- Appeler les secours : le 15, le 18 ou le 112 ; le 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes.
- Ne pas revenir avant l’avis d’un professionnel qui aura trouvé et corrigé la cause.
6Prévenir, avant tout
Obligatoire pour les chaudières, par un professionnel qui mesure le monoxyde de carbone.
Une ou deux fois par an selon le combustible : voir le conduit de fumée.
Ne jamais boucher les grilles de ventilation ni arrêter la VMC.
Un chauffage d’appoint à combustion ne s’utilise jamais en continu ni la nuit.
7Questions fréquentes
Le détecteur de monoxyde de carbone est-il obligatoire ?
Non, pas dans les logements en France, contrairement au détecteur de fumée. Il est pourtant recommandé par les autorités sanitaires dès qu’un appareil à combustion est présent.
Avec une chaudière à ventouse, est-ce utile ?
Le risque est plus faible, car l’appareil est étanche, mais pas nul : ventouse déboîtée, joint défectueux, conduit obstrué. Un détecteur reste une sécurité peu coûteuse, de 20 à 50 € environ.
Et dans une maison tout électrique ?
Sans appareil à combustion ni garage attenant, le risque est très faible. Pensez-y si vous utilisez un poêle, une cheminée, un groupe électrogène ou un chauffage d’appoint au pétrole.
À retenir
- Le monoxyde de carbone est invisible et inodore : seul un détecteur le repère.
- Choisir un modèle conforme à la norme EN 50291, à remplacer à sa date limite.
- Le poser en hauteur, à 1 à 3 m de l’appareil, et près des chambres.
- Alarme : aérer, arrêter les appareils, sortir, appeler le 15, le 18 ou le 112.