L’eau de la maison : d’où elle vient, comment la pomper et la traiter
Puits, forage, réseau de ville ou eau de pluie : avant d’arriver au robinet, l’eau doit être captée, mise sous pression et parfois traitée. Ce dossier explique l’origine de l’eau souterraine et les notions de débit et de pression, puis présente les pompes et les traitements de l’eau.
- Nappes et forages
- Débit et pression
- Pompes et traitements
1Le dossier L’eau
Choisissez un sujet : les pompes pour capter et distribuer l’eau, puis les solutions pour la filtrer, l’adoucir ou récupérer l’eau de pluie.
La pompe de surfaceAspire l’eau d’un puits ou d’une rivière jusqu’à 7 à 8 m de profondeur.Voir la fiche
La pompe immergéeDescend dans le puits ou le forage pour remonter l’eau de grande profondeur.Voir la fiche
Le groupe de surpressionPompe, réservoir et contacteur prêts à poser pour relever une pression trop faible.Voir la fiche
La pompe de relevageRemonte condensats, eaux claires ou eaux usées jusqu’au réseau d’évacuation.Voir la fiche
La filtration de l’eauCartouches, UV, filtre sur robinet ou carafe pour améliorer l’eau du robinet.Voir la fiche
L’adoucisseur d’eauRetire le calcaire de l’eau par échange d’ions sur une résine.Voir la fiche
L’anti-tartreEmpêche le calcaire d’accrocher, sans changer la dureté de l’eau.Voir la fiche
L’osmoseurLa filtration la plus fine, pour une eau de boisson très pure.Voir la fiche
La récupération de l’eau de pluieStocker l’eau des toitures pour les WC, le jardin et le nettoyage.Voir la fiche
2L’eau du sous-sol : origine et propriétés
L’eau souterraine provient essentiellement de l’infiltration des pluies. Une fois dans le sous-sol, elle forme des nappes presque immobiles, qui alimentent les sources et les puits, ou des nappes qui circulent et alimentent rivières et fleuves. Elle peut aussi creuser la roche : dans les régions calcaires dites karstiques, comme en Provence, elle a façonné au fil du temps des réseaux de galeries et de grottes, et le forage capte l’eau qui y circule.
Protégée de la surface, cette eau est souvent de bonne qualité et sa température reste stable toute l’année, autour de 12 à 14 °C. C’est à la fois une eau de consommation et une ressource d’énergie, exploitée par la géothermie.

On parle de nappe pour désigner l’ensemble de l’eau qui occupe les interstices d’une roche poreuse, dans un volume défini par son épaisseur et son étendue. D’autres eaux souterraines existent, qui ne viennent pas de l’infiltration : eaux profondes de certaines sources thermales, eaux retenues en permanence dans les roches. Elles ne concernent pas l’alimentation d’une maison.
3Les cinq types de nappes
La nappe phréatique
Elle occupe les roches perméables proches de la surface. Son niveau, la surface piézométrique, suit le relief en l’atténuant et varie avec les pluies : en climat méditerranéen, ce sont surtout les pluies d’octobre à avril qui la rechargent.
La nappe captive
Elle est enfermée sous une couche imperméable, son « toit ». Son niveau piézométrique se situe au-dessus de ce toit : l’eau y est sous pression.
La nappe artésienne
C’est une nappe captive dont le niveau dépasse celui du sol à certains endroits. Autour de Saint-Rémy-de-Provence, par exemple, 150 m d’argile recouvrent une nappe exploitable.
La nappe alluviale
Elle s’étend dans les alluvions d’un cours d’eau et communique plus ou moins avec lui. Selon la perméabilité des alluvions, son niveau peut dépasser celui de la rivière. Près du Rhône et de la Durance, il dépend des aménagements du fleuve.
La nappe suspendue
Elle repose sur une couche imperméable située au-dessus du fond des vallées, comme une poche d’eau perchée.
4Le forage d’eau
Le forage est un ouvrage de captage de l’eau souterraine. Il demande une bonne connaissance du sous-sol, pour savoir à quelle profondeur trouver une nappe exploitable, et des moyens adaptés : foreuse, tubage, crépine au niveau de la nappe, puis pompe.
Selon la profondeur de l’eau, on l’exploite avec une pompe de surface, qui aspire jusqu’à 7 à 8 m, ou avec une pompe immergée descendue dans le forage.

5Débit et pression : les deux notions à connaître
Le débit
C’est la quantité d’eau fournie par unité de temps, en litres par minute ou par heure. Il compte surtout quand la pompe doit alimenter plusieurs appareils en même temps.
La pression
Elle se mesure en bars. Un bar correspond à la pression exercée par une colonne d’eau d’environ 10 mètres. La pression à l’extrémité de la conduite, pendant le puisage, est dite pression résiduelle.
Une colonne de 10 m de haut exerce environ 1 bar à sa base.
Soit environ 0,7 m³/h par point d’eau.
Une pression confortable pour une maison.
Connaître la pression admise par les appareils de la maison est indispensable : au-delà, un réducteur de pression les protège ; en deçà, un groupe de surpression la relève.
6Questions fréquentes
Quelle est la température de l’eau souterraine ?
Elle varie peu au fil des saisons : en France, elle se situe le plus souvent autour de 12 à 14 °C. C’est ce qui en fait une bonne source de chaleur pour une pompe à chaleur géothermique.
Quelle différence entre puits et forage ?
Le puits, de grand diamètre et peu profond, capte en général la nappe phréatique. Le forage, étroit et creusé mécaniquement, descend plus profond, jusqu’aux nappes captives.
Pression statique ou pression résiduelle ?
La pression statique se mesure robinets fermés. La pression résiduelle se mesure au bout de la conduite pendant qu’on puise : elle est plus faible, à cause des pertes de charge dans les tuyaux.
L’eau d’un puits est-elle potable ?
Pas forcément : seule une analyse permet de le savoir. Selon le résultat, une filtration ou une stérilisation par UV peuvent être nécessaires.
À retenir
- L’eau souterraine vient de l’infiltration des pluies et se stocke dans des nappes.
- Phréatique, captive, artésienne, alluviale ou suspendue : chaque nappe se capte différemment.
- 1 bar correspond à environ 10 m de colonne d’eau ; on vise 2 à 3 bar au robinet.
- Un puits ou un forage domestique se déclare en mairie.