Le conduit de fumée : ventouse, tubage et ramonage

Accessoires chauffage · Fumées et sécurité

Le conduit de fumée : évacuer les fumées en toute sécurité

Chaudière gaz ou fioul, poêle, insert, chaudière à bois : tout appareil à combustion rejette des fumées chaudes, humides et chargées de monoxyde de carbone. Conduit maçonné, tubage, conduit isolé ou ventouse : chaque solution a ses règles, et le ramonage reste obligatoire.

  • Tirage naturel ou ventouse
  • Tubage
  • Ramonage obligatoire

1Le rôle du conduit de fumée

Le conduit évacue les produits de combustion hors du logement. Avec un tirage naturel, les fumées chaudes, plus légères que l’air, montent d’elles-mêmes : plus le conduit est haut et chaud, meilleur est le tirage. Ces appareils prennent leur air de combustion dans la pièce, qui doit être ventilée. Avec une ventouse, l’appareil est étanche : un ventilateur aspire l’air dehors et rejette les fumées par un conduit double.

Deux modes d’évacuation : à gauche, un poêle raccordé à un conduit maçonné tubé qui débouche au moins 40 centimètres au-dessus du faîtage ; à droite, une chaudière étanche dont la ventouse traverse le mur, aspirant l’air neuf et rejetant les fumées 0,40 m au moins au-dessus du faîtageConduit maçonnéet son tubagePoêle ou chaudièreà tirage naturelfuméesair neufChaudière étancheet sa ventouse
Tirage naturel : le conduit monte au-dessus du toit. Ventouse : l’air entre et les fumées sortent par le même conduit concentrique, à travers le mur ou le toit.

2Les solutions d’évacuation

SolutionPrincipeUsage
Conduit maçonnéBoisseaux de terre cuite ou de béton, dans un coffrage ou une soucheMaisons anciennes ; souvent à tuber aujourd’hui
TubageUn tube inox ou synthétique glissé dans le conduit existant, qui retrouve étanchéité et section adaptéeRénovation, changement d’appareil
Conduit métallique isoléDouble paroi inox avec isolant, posé à l’intérieur ou en façadeMaison sans conduit, poêle ajouté
VentouseConduit concentrique : les fumées au centre, l’air neuf autour ; horizontale ou verticaleChaudières et chauffe-eau étanches, poêles à granulés étanches
Conduit collectifUn conduit commun à plusieurs logements, conçu pour recevoir plusieurs appareils étanchesImmeubles
Lire la plaque d’un conduit : une désignation comme T450 N1 W V2 L50040 G50 indique la température maximale (450 °C), la pression, la résistance à l’humidité (W pour humide, D pour sec), à la corrosion, le matériau, et la résistance au feu de cheminée avec la distance à respecter aux matériaux combustibles, ici 50 mm.

3Chaudières à condensation : un conduit adapté

Une chaudière à condensation refroidit tellement ses fumées, entre 40 et 60 °C, qu’elles n’ont presque plus de tirage naturel et que leur vapeur d’eau se condense dans le conduit. Ces condensats sont acides : ils attaquent un vieux conduit maçonné.

Étanche et résistant

Le conduit doit supporter la pression du ventilateur et l’humidité : polypropylène ou inox, jamais un boisseau nu.

Une pente vers la chaudière

Les condensats redescendent vers la chaudière, qui les évacue à l’égout par un siphon.

Tuber l’existant

En remplacement, on glisse un tubage souple ou rigide dans l’ancien conduit, souvent en ventouse verticale.

4Poêles, inserts et chaudières bois

  1. Un conduit par appareil : on ne raccorde pas deux appareils sur le même conduit individuel.
  2. Une sortie de toit dégagée : au moins 40 cm au-dessus du faîtage et de toute construction située à moins de 8 mètres, pour un bon tirage et pour que les fumées ne retombent pas.
  3. Des distances de sécurité aux charpentes, planchers et cloisons combustibles, indiquées sur la plaque signalétique du conduit.
  4. Un tubage inox adapté au bois si le conduit ancien est fissuré, trop large ou non conforme.

Pour choisir l’appareil lui-même, voir cheminée, poêle et insert.

5Le ramonage : une obligation

CombustibleFréquence habituelle
Bois, charbonDeux fois par an, dont une pendant la période de chauffe
FioulDeux fois par an, dont une pendant la période de chauffe
GazUne fois par an

Fréquences fixées par le règlement sanitaire de chaque département, qui peut être plus exigeant.

Le certificat

Le professionnel remet un certificat de ramonage : conservez-le, l’assureur peut le demander après un sinistre.

Un ramonage mécanique

Hérisson passé sur toute la hauteur du conduit. Les bûches de ramonage aident à décoller la suie mais ne le remplacent pas.

Avec l’entretien

L’entretien annuel de la chaudière est une obligation distincte du ramonage : les deux se planifient souvent ensemble, avant l’hiver.

6Les signes d’alerte

Refoulement

De la fumée ou une odeur dans la pièce quand l’appareil fonctionne.

Traces brunes

Des coulures de bistre ou des taches d’humidité le long du conduit.

Flamme jaune

Sur un appareil gaz, une flamme jaune et molle signale une mauvaise combustion.

Maux de tête

Maux de tête et nausées chez plusieurs occupants : aérez, arrêtez l’appareil, sortez et appelez le 15 ou le 18.

Feu de cheminée : ronflement, étincelles en sortie de toit, conduit brûlant. Fermez l’arrivée d’air de l’appareil, n’utilisez pas d’eau dans le foyer, sortez et appelez le 18. Un détecteur de monoxyde de carbone complète utilement le détecteur de fumée.

7Questions fréquentes

Qui peut ramoner mon conduit ?

Une entreprise de ramonage ou un chauffagiste qualifié, qui délivre un certificat. Ramoner soi-même est parfois admis par le règlement départemental, mais sans certificat, c’est risqué face à l’assureur.

Peut-on poser une ventouse sur une façade donnant sur la rue ?

Oui, sous conditions : le terminal doit respecter des distances minimales aux fenêtres, aux entrées d’air et au sol, et parfois être protégé. L’installateur les vérifie, et le règlement de copropriété ou le plan local d’urbanisme peuvent l’encadrer.

Faut-il tuber un conduit pour un poêle à bois ?

C’est recommandé dès que le conduit est ancien, fissuré, de trop grande section ou de conformité inconnue : le tubage améliore le tirage, limite le bistre et sécurise l’installation.

Une chaudière gaz peut-elle garder l’ancien conduit ?

À tirage naturel, oui, si le conduit est en bon état et adapté. En revanche, une chaudière à condensation a besoin d’un conduit étanche et résistant aux condensats, le plus souvent un tubage ou une ventouse.

À retenir

  • Tirage naturel par le toit, ou ventouse étanche à travers le mur ou le toit.
  • Chaudière à condensation : conduit étanche et résistant aux condensats.
  • Bois : sortie à 40 cm au-dessus du faîtage, distances de sécurité, un conduit par appareil.
  • Ramonage deux fois par an pour le bois et le fioul, une fois pour le gaz, avec certificat.

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