Le puits canadien : préchauffer l’air en hiver, le rafraîchir en été
Faire passer l’air neuf de la maison dans des tuyaux enterrés : à 1,5 ou 2 mètres de profondeur, le sol garde une température presque constante toute l’année. L’air entrant est ainsi réchauffé en hiver et rafraîchi en été, pour une consommation électrique minime. On l’appelle aussi puits provençal.
- Air neuf tempéré
- Jusqu’à 10 °C de moins l’été
- À prévoir au terrassement
1Le principe
Au lieu d’entrer directement par les grilles des fenêtres, l’air neuf aspiré par la ventilation est prélevé dans le jardin et circule dans une conduite enterrée avant d’arriver dans la maison.
- En hiver, le sol, à 10 ou 12 °C, est plus chaud que l’air extérieur : l’air froid est préchauffé.
- En été, le sol est plus frais que l’air : l’air chaud est rafraîchi avant d’entrer.
Le puits canadien s’associe idéalement à une VMC double flux, qui récupère en plus la chaleur de l’air extrait.

2Les performances
Mesures relevées sur l’installation présentée plus bas, un tuyau de 30 mètres enterré à 1,50 mètre :
air extérieur à l’ombre, puis air sortant du puits.
air extérieur, puis air sortant du puits.
celle d’un petit ventilateur de conduit.
Le puits canadien n’est pas une climatisation : il rafraîchit l’air neuf, pas toute la maison. Il réduit les besoins de chauffage, améliore le confort d’été et peut maintenir une maison hors gel pendant une absence.
3Les règles de conception
Profondeur et longueur
1,50 à 2 m de profondeur, 25 à 50 m de conduite selon le débit ; plusieurs tuyaux en parallèle pour une grande maison.
Le tuyau
Diamètre 160 à 200 mm, lisse à l’intérieur, de préférence spécifique au puits canadien, avec un traitement antibactérien.
Une pente
1 à 2 % vers un point bas, pour évacuer l’eau de condensation par un regard et un siphon.
L’étanchéité
Aucun raccord en pleine terre : ils laisseraient entrer l’eau et, dans certaines régions, le radon.
La prise d’air
À plus d’un mètre du sol, protégée de la pluie, grillagée contre les feuilles et les rongeurs, avec un filtre.
Un by-pass
Pour prendre l’air directement dehors en demi-saison, quand le puits n’apporte rien.
4Un exemple de réalisation
Cette installation a été réalisée par un particulier au début des années 2000, avec une gaine annelée de 160 mm. Une construction neuve ferait appel aujourd’hui à des tuyaux lisses spécifiques et à une VMC double flux.







5Hygiène et entretien
L’air qui se refroidit dans le tuyau en été dépose de l’eau de condensation. Si elle stagne, des moisissures peuvent se développer. D’où l’importance de la pente, du point bas avec évacuation et d’un tuyau lisse.
- Changer ou nettoyer le filtre de la prise d’air chaque saison.
- Vérifier le siphon d’évacuation des condensats.
- Prévoir un accès pour inspecter et nettoyer la conduite.
Le puits hydraulique, où circule de l’eau glycolée dans un tuyau enterré reliée à une batterie sur la VMC, évite ces risques : l’air ne passe jamais dans le sol.

6Questions fréquentes
Combien coûte un puits canadien ?
Réalisé en même temps que d’autres terrassements, son coût reste modéré : tuyaux, prise d’air et évacuation. Posé par un professionnel avec une VMC double flux, le budget se chiffre en milliers d’euros.
Fonctionne-t-il avec une VMC simple flux ?
Oui, si l’air neuf entre par le puits et non par les grilles des fenêtres, qu’il faut alors obturer. La VMC double flux reste la meilleure association.
Et le radon ?
Dans les communes à potentiel radon, un tuyau parfaitement étanche, sans raccord enterré, est indispensable. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).
À retenir
- Le sol tempère l’air neuf : plus chaud en hiver, plus frais en été.
- 1,50 à 2 m de profondeur, 25 à 50 m de conduite, une pente vers un point bas.
- À prévoir lors d’un terrassement, idéalement avec une VMC double flux.
- Tuyau lisse, étanche, et évacuation des condensats pour une installation saine.