La pompe à chaleur

Le Guide du Chauffage · L’électricité

La pompe à chaleur : principe, types, performances et aides 2026

L’air, le sol et l’eau des nappes stockent l’énergie du soleil. La pompe à chaleur la capte et la remonte en température pour chauffer le logement : avec 1 kWh d’électricité, elle fournit 3 à 5 kWh de chaleur. C’est aujourd’hui le chauffage le plus soutenu par les aides publiques.

  • Air, sol ou eau
  • 3 à 5 kWh pour 1 kWh
  • MaPrimeRénov’ et CEE

1Le principe de la pompe à chaleur

Un fluide frigorigène circule en circuit fermé à travers quatre organes. Dans l’évaporateur, il capte la chaleur de l’air, du sol ou de l’eau et se vaporise, même à basse température. Le compresseur, électrique, le comprime et élève sa température. Dans le condenseur, il cède sa chaleur à l’eau du chauffage ou à l’air du logement et redevient liquide. Le détendeur abaisse enfin sa pression, et le cycle recommence.

Cycle de la pompe à chaleur : 1 kWh d’électricité et 2 kWh puisés dans l’environnement donnent 3 kWh de chaleur Air, sol ou eau 2 kWh gratuits Évaporateur Compresseur 1 kWh d’électricité Condenseur Détendeur Logement 3 kWh de chaleur
En bleu, le fluide froid à basse pression ; en orange, le fluide chaud à haute pression. Exemple pour un COP de 3.

La pompe à chaleur est d’autant plus efficace que l’écart de température entre la source et les émetteurs est faible : un plancher chauffant, qui fonctionne vers 35 °C, lui convient mieux que des radiateurs à 65 °C.

2Les types de pompes à chaleur

Le premier terme désigne la source de chaleur, le second le mode de distribution dans le logement.

TypeSourceDistributionPerformance
Air/airAir extérieurAir soufflé, split ou gainableSCOP 4 à 5 ; rafraîchit l’été
Air/eauAir extérieurRadiateurs, plancher chauffant, eau chaudeSCOP 3 à 4,5
Sol/eau (eau glycolée)Sol, par capteurs horizontaux ou verticauxRadiateurs, plancher chauffantSCOP 4 à 5, stable l’hiver
Eau/eauNappe phréatique, par foragesRadiateurs, plancher chauffantSCOP 4,5 à 5,5
Sol/solSol, détente directePlancher chauffantBonne, mais plus rare

Aérothermie

Les pompes à chaleur qui puisent dans l’air : les plus répandues, simples à installer. En savoir plus.

Géothermie

Celles qui puisent dans le sol ou l’eau : plus chères, très performantes. En savoir plus.

Haute température

Pour alimenter des radiateurs en fonte à 65 ou 70 °C. En savoir plus.

3Quelle pompe à chaleur pour votre projet ?

En construction

  • Grand terrain dégagé : géothermie à capteurs horizontaux, sur une surface de 1,5 à 2 fois la surface chauffée.
  • Petit terrain : sondes verticales ou nappe, après démarches administratives.
  • Dans tous les cas : pompe à chaleur air/eau ou air/air, la plus simple.

En rénovation

  • Isolez d’abord : la pompe à chaleur sera plus petite et plus efficace.
  • Vos radiateurs peuvent souvent être conservés ; faites vérifier la température d’eau nécessaire.
  • Radiateurs en fonte et maison peu isolée : pompe à chaleur haute température ou hybride.
Dimensionner sa pompe à chaleur : une machine trop puissante fonctionne par à-coups et s’use ; trop faible, elle laisse la résistance d’appoint travailler. Faites une première estimation avec notre calcul rapide d’une pompe à chaleur air/eau.

4Performances et fluides

  • Le COP mesure la performance à une température donnée : un COP de 4 signifie 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité. Il baisse quand il fait plus froid dehors.
  • Le SCOP et l’efficacité saisonnière (ETAS), affichés sur l’étiquette énergie, moyennent la performance sur la saison, auxiliaires compris : ce sont les chiffres à comparer.
  • Les fluides : le R22 est interdit depuis longtemps, le R410A cède la place au R32, et les fluides naturels, propane (R290) ou CO₂ (R744), se développent sous l’effet de la réglementation européenne sur les gaz fluorés.
  • Le bruit : l’unité extérieure doit être placée loin des chambres et des voisins, et le niveau sonore vérifié sur la fiche technique.
  • L’entretien : un contrôle par un professionnel est obligatoire tous les deux ans pour les pompes à chaleur de 4 à 70 kW ; en fin de vie, le fluide doit être récupéré.

5Eau chaude sanitaire et rafraîchissement

L’eau chaude

Une pompe à chaleur air/eau peut chauffer un ballon, intégré ou séparé, avec une résistance d’appoint. Autre solution : un chauffe-eau thermodynamique indépendant.

Le rafraîchissement

Une pompe à chaleur réversible inverse son cycle en été. Par un plancher chauffant, la baisse reste modérée, de 3 à 4 °C ; par ventilo-convecteurs ou en air/air, c’est une vraie climatisation.

6Les aides en 2026

MaPrimeRénov’ air/eauJusqu’à 5 000 €

selon les revenus, dégressif ; pas d’aide pour les revenus les plus élevés.

MaPrimeRénov’ géothermieJusqu’à 11 000 €

pour les ménages aux revenus très modestes.

TVA5,5 %

pour une pompe à chaleur air/eau ou géothermique dans un logement de plus de deux ans.

  • La prime CEE « Coup de pouce chauffage » s’ajoute en cas de remplacement d’une chaudière au fioul, au gaz ou au charbon ; son montant pour une pompe à chaleur est calculé selon le logement et la performance de l’appareil.
  • Les pompes à chaleur air/air ne sont pas éligibles à MaPrimeRénov’ ; les pompes à chaleur hybrides ne bénéficient plus du Coup de pouce depuis le 1er janvier 2026.
  • Conditions : installateur RGE QualiPAC, performance minimale et demande d’aide déposée avant la signature du devis pour MaPrimeRénov’.
Les aides en septembre 2026 : depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov’ « par geste » ne finance plus que les pompes à chaleur air/eau et géothermiques, le raccordement à un réseau de chaleur et la dépose d’une cuve à fioul. Les autres travaux (isolation, fenêtres, ventilation, chauffage au bois, solaire thermique) passent par les primes CEE, dont le Coup de pouce chauffage, ou par MaPrimeRénov’ « rénovation d’ampleur », un parcours accompagné qui n’est plus ouvert aux maisons conservant un chauffage au gaz. Les conditions évoluent souvent : vérifiez-les sur France Rénov’ avant de signer un devis.

7Questions fréquentes

Une pompe à chaleur fonctionne-t-elle par grand froid ?

Oui : les modèles récents fonctionnent jusqu’à −15 ou −25 °C, avec un rendement plus faible. Un appoint électrique intégré prend le relais lors des pointes de froid.

Peut-on garder ses radiateurs ?

Souvent oui, si la maison a été un peu isolée et que les radiateurs sont assez grands pour chauffer à 45 ou 55 °C. Sinon, une pompe à chaleur haute température ou hybride convient.

Combien coûte une pompe à chaleur ?

En ordre de grandeur, 10 000 à 18 000 € posée pour une air/eau, 18 000 à 30 000 € pour une géothermique, avant aides ; 2 000 à 8 000 € pour une air/air selon le nombre de pièces.

Quelle durée de vie ?

Environ 15 à 20 ans pour une pompe à chaleur air/eau bien entretenue, souvent davantage pour une géothermique, dont les capteurs durent plus de 50 ans.

À retenir

  • Évaporateur, compresseur, condenseur, détendeur : 3 à 5 kWh pour 1 kWh.
  • Air/air, air/eau, géothermie : selon le terrain, les émetteurs et le budget.
  • Comparer le SCOP et l’efficacité saisonnière, pas seulement le COP.
  • Aides 2026 : MaPrimeRénov’ pour l’air/eau et la géothermie, Coup de pouce, TVA 5,5 %.

Pour aller plus loin